ITW d'Izia // 27 Juin 2009 - 20H00

On l'attendait tous ici Mademoiselle Izia... Et on n'a pas été déçu. Izia s'est prêtée volontiers au jeu de l'interview. Mais retranscrire ce qui s'est dit revient à parler de son rock'n'roll, puisque les mêmes mots peuvent qualifier Izia et sa musique : spontanée, 'tripale' (qui vient des tripes...), capricieuse, têtue, libre, dans l'urgence, explosive, naturelle. Elle ouvre la bouche et le rock'n'roll sort. Point. Pas besoin d'explication, pas non plus de justification, juste celle-ci : le son est là, pas besoin de réfléchir, il ne demande qu'à sortir, alors laissons-le faire.

 

Ce qu'on ressent quand on l'écoute parler, c'est qu'il y a des choses dans ce corps-là qui veulent sortir, de l'émotion, de l'énergie, de la violence, et on n'a juste envie de la laisser parler. Il y a une forme de profusion, d'exubérance, de tripes posées sur la table, un trop-plein qui se déverse dès qu'elle ouvre la bouche. Et c'est terriblement bon de la laisser parler.  Elle reconnaît pleurer devant un concert de Patti Smith, elle se souviendra toute sa vie de l'intro de In Bloom de Nirvana, elle ne supporterait pas de jouer avec des meufs, elle adore partir dans le van avec ses musiciens même s'ils puent des pieds, elle est tombée en extase devant notre région et le pont suspendu entre Tain et Tournon, elle trouve les vignes trop belles, elle a adoré sa journée à Valence à se promener dans un parc, elle ne sait pas d'où lui vient son son rock'n'roll, elle en a marre des journalistes qui cherchent à comprendre, elle chante en anglais parce que c'est comme ça que c'est sorti la première fois, elle chante dans l'urgence de ses 18 ans, ...


 

L'urgence, comme si l'instant rock pouvait être perdu, comme si tout avait attendu des années et ne pouvait plus être contenu.

 

L'urgence, c'est aussi un album enregistré dans les conditions du live, pour retrouver un son écorché, une énergie scénique, une transe irréfléchie. Finir en sueur, les jambes tremblantes, la tête qui tourne. La qualité du son des musiciens, de purs zicos, tout droits sortis du rock des origines (you're my guitar heroe...). Le live. La voix d'Izia, son énergie, son exubérance, son côté ‘trop'...


 

Tournon's burning...


 

Petits instants de l'interview :

 

Parfois comparée à un mélange de Patti Smith et de Janis Joplin, cette brunette de 18 ans ne se démonte pas : "Il n'y a que réellement 3 meufs dans l'histoire du rock : Patti Smith, PJ Harvey et Janis Joplin. On peut dire 3 meufs et demie, en comptant la bonne période de Courtney Love. Bref, quand une nouvelle meuf arrive et fait du rock, c'est facile, on la case dans une de ces trois références. Moi j'en ai un peu rien à branler, je trouve ça facile."


 

Un deuxième album ? "On est en pleine période de réflexion pour savoir ce qu'on va faire. On fait un album dans l'urgence ou quelque chose de plus chiadé ? C'est une vraie réflexion, là, après ce premier album, on a vraiment besoin de choisir une voie.".


 

Entourée de vinyles, de vieilles K7 et du juke box, je demande à Izia ce que ça évoque pour elle : "Franchement, les CD et tout, j'en ai rien à branler. Pour moi, c'est le live le plus important. Parce que dans le live, c'est là que tu vois si la personne donne tout ce qu'elle a. Finalement, même le son n'est pas essentiel. Ce qui compte, c'est ce qui passe sur scène. Après, c'est sûr qu'on a fait un album et on en est fier. Ma plus grande fierté, c'est les vinyles, on ne les a tirés qu'à 500 exemplaires, parce que c'est trop cher, et que la maison de disque n'aurait pas suivi. C'est un très bel objet, le visuel est vraiment cool." 


 

Vous êtes encore en train de lire ? Alors vous n'avez rien compris. Des vinyles d'Izia, il n'y en a que 500...