Poney Express, c'est le projet d'Anna (ex chanteuse des Tétard) et de Robin (bassiste de Louise Attaque). Anna, c'est la grande et belle rouquine aux yeux verts, et Robin, c'est l'homme au chapeau... Ils prennent place, l'un à côté de l'autre, sur le canapé du point presse. C'est le premier groupe à s'asseoir côte à côte. C'est le premier groupe qui est aussi uni à la scène et à la vie.
Les présentations faites, je leur propose de choisir un CD parmi ceux que j'ai apportés ici. Avant que je ne les dépose devant eux, Anna capte quelques noms, « je veux celui-là » : The Fratellis- Costello Music, groupe de rock anglais (ou plutôt écossais, il faut rendre à César ce qui appartient à César et l'Ecosse, ce n'est pas l'Angleterre, bordel), rappelant par là même les influences de la pop d'outre-Manche dans Poney Express. Puis ensuite, ses yeux attrapent le nom de Bob Dylan « non, on écoute Bob Dylan ! ». Mais, c'est l'album des Chroniques et non un album de Dylan. Puis Robin n'a pas encore pu dire son mot... Finalement, Elvis aura le dernier mot. On met le King en fond et on commence à parler de leur premier album, Daisy Street.
Si vous deviez présenter votre univers musical, pas votre musique, mais bien votre univers, que diriez-vous ?
Robin : - Si j'ai bien compris ta question, je dirais qu'on est peut être de Brighton. Ou peut être du Texas. Peut être qu'on est des musiciens. Ou peut-être qu'on est des acteurs...
Quand on écoute votre album, on a le sentiment de redécouvrir le rêve américain, avec un chant en français, des sonorités folk et aussi des références aux grands espaces américains dans les textes (Les femmes de Milwaukee, Nobody...).
Anna : - Tout ça, ça vient d'une passion pour le folk en général. Mais il y a aussi des influences de pop anglaise. Robin : - On a des références comme les Violent Femmes, mais l'album a été enregistré à Cardiff... Il y a des influences folk mais pas uniquement.
Surtout que vous avez tous les deux participé à des aventures musicales différentes. Vous avez votre « passif » de musiciens, c'est ce qui enrichit vos compositions.
Robin : - Exactement. C'est tout ça.
Justement, comment vous composez vos morceaux ? Entre vous, déjà, comment ça se passe, et par quoi commencez-vous, le texte, la mélodie ... ?
Anna : - On compose tous les deux. Robin a une basse acoustique et moi j'ai une guitare acoustique. On commence toujours par la musique et ensuite, c'est moi qui écris les textes. Robin me donne un thème, une idée, et j'écris un texte à partir de ça. Ensuite, je lui remets ma copie !
Votre album se compose comme un voyage, ce n'est pas qu'une succession de musiques. Est-ce que vous avez un autre voyage musical en tête, ou bien vous ne pensez pas encore au deuxième album, profitant avant tout de la scène avec Daisy Street ?
Robin : - C'est marrant ta question, parce que le premier album est un vrai voyage pour nous et il est très mêlé à notre vie privée. Dans la vraie vie, on essaie de suivre le scénario de l'album. Par exemple, le premier titre s'appelle Quitter Paris et ça fait quelques mois qu'on a quitté Paris. Le dernier titre, c'est Saint Malo, et on a effectivement déménagé à St Malo. On pense maintenant au deuxième album, ce sera aussi un voyage et ce deuxième album prendra ses racines à St Malo.
Ce lien dont tu parles entre votre album et votre vie privée, je pense que c'est un point fort de l'album. C'est peut être ce qui explique l'accueil du public, aussi positif et rapide.
Robin : - On n'a pas que la musique à donner. On donne de notre couple aussi et ça, c'est compliqué. J'ai déjà essayé par le passé à créer quelque chose musicalement avec mes « ex », mais ça ne marchait pas. Là, ça fonctionne. Mais, c'est compliqué donner de nous comme ça. Anna : - C'est une sorte d'évolution. Même sur scène, tout n'est pas réglé, il y a des flottements parfois, on se laisse une marge d'évolution sur scène, on se regarde beaucoup. Le public doit ressentir qu'il assiste à la naissance de quelque chose. Et dans des années, il pourra se dire qu'il a vu cette naissance.
Robin : - il y a eu une évolution aussi au niveau du nombre de musiciens. Au début, on était que tous les deux. Puis de deux, on est passé à 3 puis 4 musiciens. Il y a Gérard, notre batteur (ex tétard) et Lucile au violon, qui joue dans un groupe lillois, la Musarde.
C'est un peu un départ à zéro ?
Robin : - Oui, c'est même carrément un nouveau départ. Même si c'est vachement plus facile ! Quand je suis sur scène, faut pas me gonfler, c'est mon domaine, je sais ce que je fais !
Est-ce que vous avez un coup de cœur musical en ce moment ?
Robin : - Pour moi, ce sera un petit groupe bordelais, les Kid Bombardos. C'est un groupe qui n'a pas d'album, ils ne sont pas signés, ils n'ont qu'un MySpace. Pour moi, c'est un peu une sorte de réponse au rock parisien, qui pose beaucoup, des groupes qui sont surtout dans l'apparence mais qui ont bénéficié des médias parisiens. Alors que là, il n'y a pas tout ça mais il y a une vraie énergie sur scène.
Je pense que c'est le cas dans beaucoup de région. Ici, en Drôme Ardèche, on est loin d'avoir le soutien des médias et pourtant, il y a une scène rock qui existe, avec des gens qui se bougent pour organiser des concerts et des groupes de rock qui envoient bien, qui tournent en vans pourris et qui défendent leur musique..
Robin : - Oui. Comme s'il fallait en chier pour faire du rock finalement.
Et toi Anna, quel groupe écoutes-tu en ce moment ?
Anna : - Pour moi, ce sera Last Shadow Puppets. C'est des génies !
On termine ce moment d'interviews en prenant quelques photos du groupe, tranquillement. C'était un bon moment et j'attends maintenant de voir le groupe sur scène...pour voyager.
Fanny
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