Dans notre tente seventies, c'est un autre voyage que celui dans le temps que nous propose Amazigh. Un voyage teinté de sonorités orientales, de soleil... Amazigh, cela veut dire "homme libre", libre de voyager, de faire de nouvelles rencontres. C'est la deuxième fois que nous avons le plaisir de l'accueillir ici, mais la première fois, c'était avec Gnawa Diffusion, il y a quelques années. Aujourd'hui, avec la formation Poison Rouge, Amazigh ne vient pas défendre un album, puisqu'il n'y a tout simplement pas encore d'album. C'est une démarche un peu différente, les titres qui sortiront le 17 octobre prochain se seront rôdés sur scène, au contact du public : "Je trouve ça intéressant vis-à-vis du public, c'est une façon de le surprendre. Il nous connaît et nous suit depuis Gnawa, c'est l'occasion de proposer quelque chose de nouveau". D'ici la sortie de l'album, la tournée Poison Rouge va pouvoir patiner les prochaines chansons au cours d'une trentaine de dates, avec une formation de 5 musiciens sur scène, DJ, synthé, instruments d'Afrique du Nord... C'est pour Amazigh l'occasion de souligner le soutien que lui attribuent diverses associations ou salles de concert : "Pouvoir tourner sur des dates, surtout quand on n'a pas d'album, c'est vraiment un signe de confiance. Je connais des salles qui pouvaient programmer jusqu'à 50 dates par an et qui en sont venues à n'en faire qu'une douzaine, et louant leur salle à d'autres productions. Les temps sont durs pour les salles de concert... Donc un grand merci au Fest'Route, pour l'accueil, le public, l'organisation...".
On évoque ensuite un morceau en ligne sur son blog, Bush est mort, morceau avec un texte assez dur, et c'est d'ailleurs sur cette liberté d'expression et de ton qu'Amazigh insiste. "Quand on parle de Bush, on a souvent affaire à des réactions violentes. C'est ce qui est à la base de cette chanson, une réaction naturelle face à cet homme qui pratique une justice western. Cette chanson, c'est un homicide artistique, c'est très fort comme expression, mais ce n'est pas un vrai homicide, c'est juste dire ce qu'on pense de lui. Ses actes sont bien plus violents que les paroles de cette chanson. Puis c'est aussi ça la musique, pouvoir s'exprimer. C'est aussi l'occasion d'évoquer le clip de cette chanson, clip en ligne sur le blog mais surtout, réalisé par un internaute : "Quand j'ai mis en ligne ce morceau, j'ai proposé aux internautes de réaliser eux-mêmes un clip et, deux jours plus tard, il y avait ce clip. J'avais même pensé à mettre cette chanson sous des formes différentes (uniquement le fichier voix, uniquement l'instru...), pour permettre aux gens de la mixer."
Cette façon d'aborder le Net attire notre attention sur les supports musicaux qui sont autour de nous : K7, vinyles, juke box... Quel est le support qui représente le mieux Amazigh et que penser du téléchargement ? "Si tu reprends le genèse de la musique, c'est le solfège qui est à la base. C'est seulement ensuite que le support est apparu. Pour moi, le plus important, c'est que le son passe, quelque soit le support. Y a pas longtemps,, quand on est parti au Niger, j'avais emmené des K7, mais tu vois, des vraies K7, avec encore un emballage, une vraie prod, des K7 de Gnawa qui nous restaient. Comme ils écoutent la musique sur des radiocassettes, les gars étaient super heureux." Forcément, avec une réponse comme celle-ci, on image que son point de vue sur le téléchargement est loin de celui des majors... "Je trouve que le téléchargement est une bonne chose. Ok, il y a le piratage, mais il faut se dire que les grosses majors, qui perdent des sous sur ces téléchargements, en gagnent aussi plein avec les outils qui permettent le téléchargement (les graveurs...) et récupèrent leur manque à gagner avec les jeux vidéos qui abrutissent les mômes. Pour les artistes, c'est surtout une plate-forme promotionnelle exceptionnelle. Tu vois, il y a dix ans, il fallait un gars à la comm, fallait un budget pour ça, aujourd'hui, on peut communiquer via myspace, facebook, ça peut partir de là. Puis je trouve que ça réveille les gros culs (désolé pour l'expression, mais bon) de certains artistes qui s'endormaient. Etre un artiste, c'est un taf à plein temps, hyper fatigant, les gens ne s'imaginent pas. Une journée comme aujourd'hui, c'est des balances, des interviews... T'as pas le temps de t'endormir si tu fais vraiment ce taf. Et le téléchargement, ça oblige les artistes à être présents et à se bouger."
On termine ensemble en parlant justement de l'importance des concerts pour les artistes actuels. Découvrir un artiste sur Internet, c'est aussi donner l'envie d'aller le voir sur scène... Finalement, la musique, c'est avant tout une rencontre, une rencontre vivante, live. Ah, c'est quand même kiffant les concerts ...
Amazigh, prochain album le 17 octobre